Inceste, la banale perversion? Le nouvel épisode de Silence! est disponible
- Poncelet Gaële
- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 heures

Pourquoi, malgré les chiffres, malgré les scandales, malgré la libération de la parole, le déni persiste-t-il ? C’est la question centrale de ce nouvel épisode de Silence ! – Chronique d’un déni de justice. Avec la psychologue Joanna Smith, nous analysons les mécanismes profonds qui empêchent la société de regarder cette réalité en face.
Le déni : un mécanisme psychologique… et collectif
Le déni n’est pas seulement un refus conscient.C’est un mécanisme de protection psychique.
Admettre l’ampleur de l’inceste implique d’accepter que des personnes ordinaires — pères, oncles, voisins, figures respectées — puissent être des agresseurs. Cela heurte notre représentation de la famille, de l’autorité, du lien affectif.
Comme l’explique Joanna Smith, ce qui nous protège individuellement peut, à l’échelle collective, devenir un frein à la reconnaissance et à la prévention. Le déni devient alors social, institutionnel, systémique.
Affaires médiatiques : pourquoi cela ne suffit pas
Les révélations de l'affaire Epstein ou des abus au sein de l'église ont provoqué des ondes de choc. Mais ces scandales ont-ils réellement transformé notre compréhension du phénomène ?
L’entretien interroge cette apparente contradiction : comment se fait-il que, malgré l’accumulation des preuves et des témoignages, la réaction sociale reste si fragmentée ? L’indignation ponctuelle ne produit pas nécessairement une transformation structurelle.
Tous les adultes portent-ils une part de perversion ?
L’un des points les plus sensibles de l’épisode aborde une question dérangeante : le problème réside-t-il uniquement chez quelques individus déviants, ou devons-nous interroger plus largement notre rapport au pouvoir, à la domination et à l’enfant ?
Il ne s’agit pas de généraliser ni de diaboliser mais de comprendre que les violences sexuelles s’inscrivent dans des dynamiques de pouvoir, de contrôle et d’emprise qui ne surgissent pas dans le vide.
Punir ne suffit pas
Un autre axe essentiel de la discussion concerne la prévention.
La réponse pénale est indispensable.Mais elle intervient après les faits.
Comment prévenir réellement ? Comment agir en amont ? Comment identifier les signaux faibles sans tomber dans la suspicion généralisée ? Joanna Smith insiste sur la nécessité d’une approche globale : éducation, formation des professionnels, culture du consentement, clarification des rôles adultes/enfants.


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