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Les victimes de violences accompagnées gratuitement par un avocat spécialisé

  • Photo du rédacteur: Poncelet Gaële
    Poncelet Gaële
  • 6 mars
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 mars


Le saviez-vous ?

Depuis le 1er février 2026, toute victime de violences intrafamilliales peut être accompagné gratuitement et rapidement par un avocat spécialisé. C'est le projet Lawyers Victims Assistance, coordonné par Pascale Poncin.

Dans ce nouvel épisode, nous abordons des questions fondamentales, comme le poids de la présomption d’innocence face au principe de précaution ou les effets destructeurs des accusations d’instrumentalisation parentale. Dans cet échange sans détour, Pascale Poncin partage son expérience d’avocate et son regard sur les forces — mais aussi les limites — du système actuel.




Mieux accompagner les victimes


Le projet Lawyers Victims Assistance est né d’un constat simple : les victimes de violences ont besoin d’un accompagnement juridique spécialisé et formé au trauma.

Comme l’explique Maître Pascale Poncin :

« Une victime, ce n’est pas un client lambda. On doit évidemment gérer le juridique, mais aussi tout le trauma qui entoure la situation. Et nous, en tant que professionnels, on ne doit surtout pas provoquer une victimisation secondaire. »

Les avocats qui participent à ce projet suivent donc des formations spécifiques pour accueillir les victimes avec les bons réflexes.

L’objectif est aussi d’être plus réactif : un avocat peut reprendre contact avec une victime dans les 48 heures, une démarche encore rare dans le système classique.


Entre protection des enfants et présomption d’innocence


Dans les dossiers de violences intrafamiliales, les juges doivent souvent arbitrer entre deux principes fondamentaux : protéger l’enfant et respecter la présomption d’innocence.

Mais cette balance peut parfois créer des situations extrêmement difficiles.

Comme le souligne Pascale Poncin :

« Dans beaucoup de cas, on sait qu’il s’est passé quelque chose, mais on n’arrive pas à le prouver noir sur blanc. Et le magistrat doit se positionner sur base de ce qu’on lui amène. »

Pour les familles concernées, cette réalité judiciaire peut être particulièrement douloureuse.

« Pour les victimes, c’est souvent une incompréhension. Elles viennent demander protection, et on leur demande encore de prouver que ce qu’elles disent est vrai. »

La parole de l’enfant, encore trop souvent contestée


Malgré les conventions internationales qui garantissent le droit des enfants à être entendus, leur parole reste parfois fragilisée dans les procédures judiciaires.

Pascale Poncin l’observe régulièrement dans les dossiers :

« On a encore beaucoup tendance à remettre en cause la parole de l’enfant, en pensant qu’il est influencé par l’autre parent. »

Pourtant, les études montrent que les fausses déclarations d’enfants sont extrêmement rares.

« Pourquoi partir directement du postulat qu’un enfant ne dit pas la vérité ? C’est vraiment regrettable. »

Le débat du maintien du lien


En Belgique, le maintien du lien avec les deux parents est souvent considéré comme un principe fondamental.

Mais dans les situations de violences, cette logique peut poser problème.

« Pendant longtemps, on a entendu dire qu’un mari violent pouvait rester un bon père. Moi, je ne suis pas d’accord. Quand il n’y a pas de respect de l’autre parent, ce n’est pas un modèle pour les enfants. »

Certaines initiatives tentent aujourd’hui d’introduire une nuance importante : le lien ne signifie pas forcément le contact.


Un système en pleine évolution


Malgré les difficultés, les mentalités évoluent progressivement.

Les notions comme le contrôle coercitif ou certaines formes de violences psychologiques commencent à être mieux reconnues par les tribunaux.

« Aujourd’hui, on dispose d’outils juridiques que nous n’avions pas il y a dix ans. Les choses changent, même si c’est lent. »

Une question qui concerne toute la société


Cet entretien rappelle que les violences intrafamiliales ne sont pas seulement une question juridique.Elles interrogent aussi la capacité de la société à écouter les victimes et à protéger les enfants.

Et comme le rappelle Pascale Poncin :

« Il faut planter les petites graines. Et puis, petit à petit, les choses poussent. »

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