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"Quand l’État belge expose des enfants au danger" - Nouvel épisode disponible

  • Photo du rédacteur: Poncelet Gaële
    Poncelet Gaële
  • 19 févr.
  • 3 min de lecture

Ceci n'est pas mon titre mais celui de l'étude de cas transmise à l'ONU par Verlaine Urbain, directeur de l'association Droits de l'enfance et diplômé en ingénierie et action sociales. Il pose une question essentielle: la Belgique protège-t-elle réellement les enfants victimes de violences sexuelles ?



« Un État qui ne protège pas suffisamment ses enfants est un État qui va mal »


L’association Droit de l’enfance s’est d’abord donné pour mission de sensibiliser la société aux violences sexuelles faites aux enfants et d’améliorer la détection des victimes. Mais très vite, le combat a pris une autre dimension. Verlaine Urbain explique: « On a été mobilisé par des mères essentiellement pour des dysfonctionnements institutionnels. Et donc c'est comme ça qu'on a développé une expertise dans des dysfonctionnements institutionnels en lien avec la prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles. »

Aujourd’hui, l’association accompagne principalement des mères qui signalent des suspicions de maltraitance sexuelle… et qui, paradoxalement, se retrouvent accusées. Selon Verlaine Urbain, le problème dépasse les cas individuels, « un État qui ne protège pas suffisamment ses enfants est un État qui va mal. »


Le soupçon déplacé : quand la mère devient l’accusée


L’étude de cas remise à l’ONU en novembre 2025 porte un titre sans ambiguïté :“Quand l’État belge expose des enfants au danger.”

Le phénomène observé est systématique dans les dossiers analysés. « On voit en fait une prise en charge par les intervenants psychosociaux qui est une prise en charge totalement asymétrique. »

Verlaine Urbain constate que même lorsque des éléments médicaux ou psychologiques étayent des violences possibles, le regard institutionnel se déplace vers le conflit parental.

Au lieu de protéger l’enfant, certaines décisions aboutissent à son placement… ou à son maintien chez le parent suspecté.« On voit des pratiques qui banalisent la pédocriminalité. », détaille Verlaine Urbain.

Et il insiste : « Les pratiques aujourd'hui et la doctrine qui conditionne les pratiques professionnelles dans le cadre des prises en charge d'enfants victimes de violences sexuelles, eh bien sont complètement à l'encontre de la protection des enfants. Et ça, c'est factuel. »


Aliénation parentale : un concept qui persiste sous d’autres formes


Même si le terme d’« aliénation parentale » est désormais écarté dans certaines juridictions, Verlaine Urbain observe que le concept continue d’influencer les décisions. « On n'utilise plus le terme aliénation parentale. Par contre, le concept y reste en filigrane durant tout le bilan psychologique des professionnels ». Dans plusieurs dossiers, il évoque des diagnostics de « mère trop fusionnelle » ou de syndrome de Münchausen sans motivation solide : « C'est gravissime parce qu'en fait c'est gratuit, c'est une impression personnelle, c'est une vision subjective. »



Le maintien du lien… malgré le danger ?


Un autre point interroge : la priorité donnée au maintien du lien avec le père suspecté. Verlaine Urbain constate que « La présomption d'innocence du père prévaudra toujours finalement sur la protection de l'enfant. » Il cite notamment des cas où des comportements inquiétants sont objectivés, mais où l’enfant est malgré tout réexposé.


Pourquoi saisir l’ONU ?


Face à l’absence de reconnaissance institutionnelle, l’association a décidé d’alerter l’ONU. « Tant qu'on ne met pas de mots et qu'on ne reconnaît pas qu'il y a des dysfonctionnements, c'est sûr qu'il ne se passera rien. », explique le directeur de Droits de l'enfance. L’objectif premier est simple : Reconnaître qu'il y a des dysfonctionnements.

Mais Verlaine Urbain va plus loin. Si le dialogue est impossible, il appelle à la confrontation juridique : « Si on a la chance de gagner (…) on pourrait faire un effet jurisprudence et utiliser ces outils pour sensibiliser les politiques et amener un changement significatif pour la protection des enfants. »



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